Nous partîmes aux premières lueurs de l’aube de Trie-Château, en voiture vers Gisors, où nous enfourchâmes notre vélo. Déterminés à atteindre notre but avant la nuit, nous avions ainsi gagné dix-huit kilomètres. Malheureusement, nous suivîmes les conseils mal avisés d’un homme se disant « du coin ». S’ensuivi alors une route forte agréable, malgré une fine pluie, dans les sous-bois ombragés. Arrivés onze kilomètres plus loin, nous nous arrêtâmes, intrigués par les dires du GPS, qui nous annonçait que nous étions partis dans une direction ne convenant pas à notre itinéraire de cyclistes accomplis. Nous fûmes forcés de rebrousser chemin, reprenant ces mêmes onze kilomètres dans les sens contraires, afin d’atteindre notre point de départ, sur les coups de midi.
Suivant cette fois les sages indications du GPS, nous reprîmes depuis Gisors la bonne route. La pause du déjeuner n’ayant pas encore sonné, sous la pluie, le ventre creux, nous lutâmes longuement contre les éléments et les pentes vertigineuses qui s’offraient à nous, malheureusement pas dans le sens espéré. Nous continuâmes notre chemin, guidés par un seul objectif : les cakes d’Agnès. Lorsque nous pensions avoir vécu le pire, la montée aux enfers commença. Se dressa alors devant nous une route plus tard baptisée par chacun « la pente infernale », « c’est une blague ? », ou encore : « j’en ai maaaaaaaaaaaaarre ». Rémi fut le seul à atteindre, sans poser pied à terre, le pic de cette montagne à la hauteur vertigineuse. Les autres ayant décidé de se muscler les bras, finirent en poussant leur vélo, dans le souci d’économiser le peu d’énergie restant au fond de leurs muscles ankylosés et courbaturés.
Nous nous arrêtâmes dans une petite bourgade campagnarde, désertée de ses habitants, afin de nous restaurer, ignorant le froid mordant.
Dans l’après-midi, nous subîmes des attaques impromptues d’araignées, surgissant de toutes parts. Après quelques heureuses descentes et de nombreuses montées, nous tournâmes quelques temps pour chercher et finalement trouver, l’humble ferme où nous allions loger. Gérald et son nez nous accueillirent. Ce paysan réunissait à lui seul tous les clichés que s'en font les parisiens. Absolument pas raciste, il nous cuisina du gigot et des merguez de moutons réalisés de ses mains, et de ses bêtes. Ses fusils, notamment utilisés pour tuer les ragondins, étaient fièrement exposés au-dessus de la cheminée, dans la salle à manger. Il nous expliqua qu’il avait eu trois femmes, la dernière l’ayant quittée la semaine dernière. Il exprima son désarroi en s’exclamant dans sa langue du patois : « c’est vraiment dommage ! Tant pis j’en trouverai une autre !» Sur ce, nous partîmes nous coucher, laissant Fréderic seul avec ce paysan. Après moult tentatives pour le sortir de là, nous dûmes nous rendre à l’évidence et le laisser affronter son destin : écouter les confidences de ce cher Gérald. Il revint épuisé et seule l’éclatante victoire de la France lui remonta le moral et lui permit de se coucher fier de sa patrie.
Suivant cette fois les sages indications du GPS, nous reprîmes depuis Gisors la bonne route. La pause du déjeuner n’ayant pas encore sonné, sous la pluie, le ventre creux, nous lutâmes longuement contre les éléments et les pentes vertigineuses qui s’offraient à nous, malheureusement pas dans le sens espéré. Nous continuâmes notre chemin, guidés par un seul objectif : les cakes d’Agnès. Lorsque nous pensions avoir vécu le pire, la montée aux enfers commença. Se dressa alors devant nous une route plus tard baptisée par chacun « la pente infernale », « c’est une blague ? », ou encore : « j’en ai maaaaaaaaaaaaarre ». Rémi fut le seul à atteindre, sans poser pied à terre, le pic de cette montagne à la hauteur vertigineuse. Les autres ayant décidé de se muscler les bras, finirent en poussant leur vélo, dans le souci d’économiser le peu d’énergie restant au fond de leurs muscles ankylosés et courbaturés.
Nous nous arrêtâmes dans une petite bourgade campagnarde, désertée de ses habitants, afin de nous restaurer, ignorant le froid mordant.
Dans l’après-midi, nous subîmes des attaques impromptues d’araignées, surgissant de toutes parts. Après quelques heureuses descentes et de nombreuses montées, nous tournâmes quelques temps pour chercher et finalement trouver, l’humble ferme où nous allions loger. Gérald et son nez nous accueillirent. Ce paysan réunissait à lui seul tous les clichés que s'en font les parisiens. Absolument pas raciste, il nous cuisina du gigot et des merguez de moutons réalisés de ses mains, et de ses bêtes. Ses fusils, notamment utilisés pour tuer les ragondins, étaient fièrement exposés au-dessus de la cheminée, dans la salle à manger. Il nous expliqua qu’il avait eu trois femmes, la dernière l’ayant quittée la semaine dernière. Il exprima son désarroi en s’exclamant dans sa langue du patois : « c’est vraiment dommage ! Tant pis j’en trouverai une autre !» Sur ce, nous partîmes nous coucher, laissant Fréderic seul avec ce paysan. Après moult tentatives pour le sortir de là, nous dûmes nous rendre à l’évidence et le laisser affronter son destin : écouter les confidences de ce cher Gérald. Il revint épuisé et seule l’éclatante victoire de la France lui remonta le moral et lui permit de se coucher fier de sa patrie.
Merci pour le récit de cette rencontre insolite qui ne manque pas de nous faire penser à cette belle émision populaire où il est question d'amour et de pré.
RépondreSupprimerPeut-être Gérald est-il un descendant éloigné de Jean-Baptiste André Godin, lequel, en découvrant les théories de Charles Fourier, entrepris, avec un certain succès, de créer un famillistère autour de son usine de poële à charbon de Guise. Il favorisa la construction de logements modernes (pour l'époque), construisit une école obligatoire et mixte de 4 à 14 ans, érigea un théâtre, une piscine, une bibliothèque. Et tous les salariés de l'entreprise avaient accès aux mêmes avantages quelque soit leur position dans l'entreprise. Utopiste ou visionnaire, un sacré bonhomme en tout cas ce Godin.